Le Piège du bonheur, Russ Harris

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Titre :
Le Piège du bonheur
Titre V.O. : The Hapiness Trap Pocketbook
Auteure : Laura Marshall
Genre : développement personnel
Éditeur : Éditions de l’Homme
Publication : septembre 2014
Nombre de pages : 184
Note : 3,5/5
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Quatrième de couverture :
Le bonheur à tout prix, vraiment ? Et si le prix à payer pour combler le désir irréaliste d’être constamment heureux était l’anxiété et peut-être même la dépression ? Dans cette édition illustrée de son best-seller international, l’auteur prouve avec humour et légèreté qu’il est possible de s’épanouir sans éviter les émotions douloureuses. Grâce aux techniques et aux exercices de la thérapie ACT, vous apprendrez à distinguer les pensées utiles des réflexions nuisibles, et ainsi à réduire votre stress. Évitez le piège illusoire du bonheur ; la vie riche et pleine de sens dont vous rêviez est à votre portée !

Mon avis :
Nous cherchons à tout prix à être heureux, maître de nos émotions. Mais cette quête perpétuelle et cette envie de faire taire les choses négatives qui nous passent par la tête ne seraient-elles pas vaines, engendrant ainsi une insatisfaction incessante débouchant sur anxiété, mal-être, etc. ?
Dans cet ouvrage de développement personnel, sous forme de courts textes et de petites planches de bandes dessinées, Russ Harris va proposer à son lecteur quelques pistes pour s’épanouir. Après avoir mis à mal quelques mythes, il explique que l’on ne peut pas museler totalement ses pensées, mais que l’on peut relativiser leur message, en se rendant compte que notre esprit est un grand raconteur d’histoires, et qu’il faut différencier le moi pensant du moi observateur. Il nous invite également à prendre conscience de nos sensations et de vivre pleinement dans le présent, plutôt que de ruminer le passé ou de s’inquiéter pour le futur.
Le choix des dessins permet de traiter le sujet de manière abordable et plaisante. En effet, il fait dialoguer généralement deux personnages, que l’on pourrait considérer comme l’élève et son professeur, ou le patient et son coach/thérapeute. Cette mise en situation rend le propos tangible, et le lecteur peut prendre la place de l’apprenant, se reconnaissant parfois dans les réflexions qu’il peut avoir.
Le livre est accompagné de quelques petits exercices pour appliquer les conseils prodigués. L’auteur ne prétend pas que tout se fera du jour au lendemain et qu’il n’y aura pas de moments un peu compliqués. Néanmoins, si l’on parvient à s’échapper de certains cercles vicieux et si l’on modifie quelque peu sa relation au monde, il est possible de s’épanouir.

Citation :
« Aucune pensée n’est problématique en soi. Elle ne le devient que quand nous fusionnons avec elle. » (p. 53)

Une proie si facile, Laura Marshall

Titre : Une proie si facile
Titre V.O. : Friend Request
Auteure : Laura Marshall
Genre : thriller
Éditeur : Fleuve éditions, collection « Fleuve noir »
Publication : février 2018
Nombre de pages : 384
Note : 4,5/5

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Quatrième de couverture :
Maria Weston demande à devenir ton amie.
Et si c’était ça, l’origine de tous les problèmes ?
Au collège, déjà, Maria Waston cherchait désespérément à être admise dans le cercle très fermé des filles les plus populaires de l’école. Mais les rumeurs précédant son arrivée en cours d’année avaient ruiné tous ses espoirs d’y parvenir. Pire encore, elle était devenue la victime facile de leurs manigances. Quand Louise reçoit un jour une demande d’ajout d’ami émanant du compte Facebook de Maria, elle est horrifiée… Car Maria Weston est morte vingt-cinq ans plus tôt.
Alors que Louise a mis des années à enfouir le souvenir de cette fille tout au fond d’elle-même, l’invitation et les messages inquiétants qui s’ensuivent font d’un coup resurgir le passé. Tout comme le secret de Louise, si intimement lié à la disparition de sa camarade.
Un secret qui, révélé au grand jour, pourrait bien détruire sa vie.

Mon avis :
Vingt-cinq ans après avoir quitté le lycée, divorcée et mère d’un petit garçon de quatre ans qui est toute sa vie, Louise est invitée à une réunion d’anciens élèves. Hasard ou non, elle reçoit également une demande d’amitié sur Facebook de Maria, une de ses camarades de l’époque. Fait pour le moins troublant : cette dernière est décédée lors de la fête célébrant la fin du lycée.
Le thème d’Une proie si facile est très intrigant : une simple connexion sur un célèbre réseau social, et une existence bouleversée. Louise revoit son passé remonter à la surface, des moments qu’elle donnerait tout pour oublier. En effet, elle n’est pas étrangère à la disparition de cette jeune fille, qui fut à un moment donné son amie, puis qu’elle a fini par trahir pour arriver à se faire accepter par les personnes branchées. Mais qu’a-t-elle vraiment fait ? De quoi est-elle responsable au juste ?
Le sujet est donc particulièrement captivant, mais également rondement mené, notamment grâce au double suspense mis en place par l’auteure. Les chapitres se déroulant en 1989 s’intéressent au drame qui eut lieu et à la culpabilité de Louise. Ceux qui se passent en 2016 se concentrent sur Louise, qui tente de savoir qui se cache derrière le nom de Maria. Est-elle réellement morte ? Et pourquoi Louise a-t-elle l’impression d’être suivie ? Que l’on va s’en prendre à son enfant ? Et pour quelle raison ? Pour répondre à ces questions, elle n’aura d’autre solution que de renouer avec ses anciennes camarades.
Il y a énormément de rythme dans ce récit, où le maître mot est le suspense. En effet, de nombreux rebondissements jalonnent l’ouvrage. Par ailleurs j’ai beaucoup apprécié Louise, qui a eu une adolescence compliquée, lors de laquelle elle a eu beaucoup de difficultés à trouver sa place. Aujourd’hui, elle sort d’une relation amoureuse qui lui a brûlé les ailes, et ne vit plus que pour son travail et son petit garçon. Les personnages gravitant autour d’elle sont très intéressants, comme Polly, sa meilleure amie, mais également ses amis d’enfance, ou encore son ex-mari. Enfin, l’auteure nous montre que la vie au lycée ne présage pas forcément de ce que l’on sera par la suite, tout en abordant le thème du harcèlement scolaire.

Citation :
« J’ai l’impression d’entamer un voyage dont je n’ai pas voulu. Bien que je sois profondément choquée par la tournure qu’ont prise les événements, j’ai toujours su que ce moment arriverait tôt ou tard. Quelque chose s’est mis en mouvement et je ne sais ni où je vais ni comment l’arrêter. » (p. 30

L’Homme gribouillé, Serge Lehman & Frederik Peeters

L'homme gribouillé

Titre : L’Homme gribouillé
Scénariste : Serge Lehman
Illustrateur : Frederik Peeters
Genre : bande dessinée
Éditeur : Delcourt
Publication : janvier 2018
Nombre de pages : 331
Note : 3.5/5

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Quatrième de couverture :
C’est l’histoire d’une vieille dame qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un oiseau fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde.

Mon avis :
L’Homme gribouillé, c’est l’occasion de découvrir trois femmes qui ont toutes un lien avec les contes et autres histoires à leur façon : Maud, la grand-mère, est auteure de livres pour enfants ; Betty, sa fille, travaille dans l’édition ; Clara, sa petite-fille, a une imagination débordante. Un jour, un être étrange prénommé Max sonne à la porte et réclame à Clara le paquet que sa grand-mère doit lui remettre, alors que cette dernière est hospitalisée entre la vie et la mort…
Avec cette bande dessinée, Serge Lehman et Frederik Peeters nous offrent un ouvrage que je qualifierai de savoureux mélange : un secret de famille, des mystères et des non-dits, une enquête, des éléments fantastiques, une malédiction et un soupçon de mythologie. Le tout est porté par des héroïnes très différentes, avec une grand-mère plutôt incisive, une maman taiseuse, et une jeune fille pleine d’entrain. Cependant, elles se rejoignent incontestablement dans l’amour qu’elles éprouvent les unes pour les autres. Divers rebondissements vont permettre à Betty et Clara de faire la connaissance d’individus qu’elles n’auraient sans doute jamais rencontrés, mais aussi de voyager sur les traces de leur histoire familiale. Tous ont un caractère particulier, certains des mœurs plus que discutables, mais il en faudra plus pour freiner les deux femmes dans leur quête.
L’action défile à toute vitesse et on ne s’ennuie pas une seconde. Les traits des protagonistes sont très expressifs et on comprend immédiatement les émotions que l’illustrateur a voulu faire passer. Le fait qu’elle soit en noir et blanc rend l’atmosphère oppressante, à l’image de la pluie qui tombe sans discontinuer. L’intrigue est donc rondement menée, et j’ai beaucoup aimé le mystère qui entoure le fameux Max.

Citation :
« Je sais tout de toi. Clara Couvreur. Je connais ta mère. Je sais où tu habites. Tu es comme Maud maintenant. Clara doit assumer les responsabilités de sa grand-mère. Le nom est toujours vivant ! Le nom est toujours vivant ! » (p. 40)

Les Secrets, Amélie Antoine

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Titre : Les Secrets
Auteure : Amélie Antoine
Genre : contemporain, thriller
Éditeur : Michel Lafon
Publication : mars 2018
Nombre de pages : 401
Note : 4/5

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Quatrième de couverture :
Vous l’aimez plus que tout au monde.
Vous lui faites aveuglément confiance.
Vous ne rêvez que d’une chose :
fonder une famille ensemble.
Mais rien ne se passe comme prévu.
JUSQU’OÙ IRIEZ-VOUS POUR ÉVITER DE TOUT PERDRE ?
Une histoire racontée à rebours, car il n’y a qu’en démêlant les fils du passé que l’on peut comprendre le présent.

Mon avis :
On ne connaît jamais totalement les gens avec qui on vit. Pour preuve, lorsque Mathilde annonce à son mari qu’elle est enceinte après de nombreuses années d’essais infructueux, Adrien est loin de se douter de tout ce que cela cache… et le lecteur aussi !
L’ouvrage Les Secrets est conçu d’une manière particulière qui m’a beaucoup séduite, puisque l’auteure nous propose un récit rédigé selon un arbre des causes. Nous sommes informés de la fin – Mathilde attend un enfant –, nous allons désormais remonter le temps pour savoir comment les éléments se sont imbriqués pour arriver à ce résultat. J’ai beaucoup aimé ce procédé, cette narration à rebours, qui doit être un exercice d’écriture très difficile, mais qui ne connaît ici aucune fausse note.
J’ai particulièrement apprécié la psychologie des personnages mis en scène. Que ce soit Mathilde, une bibliothécaire qui a passé la trentaine et souffre de ne pas parvenir à tomber enceinte, son époux, un professeur de philosophie qui la soutient coûte que coûte, Yascha, un chauffeur de taxi qui est un jeune père pas vraiment prêt à endosser ce rôle, mais qui ne peut que craquer devant le sourire de sa fille. Tous sont fascinants, touchants par certains aspects, mais tous ont leur part sombre. Cela s’explique par leur vécu, les lieux où ils ont grandi, les familles qui les ont élevés. D’autres individus gravitent autour d’eux, et chacun a son importance et sa personnalité. Amélie Antoine parvient à donner une réelle âme à ses protagonistes, et c’est pourquoi il est si difficile de faire des pauses dans sa lecture.
Véritable page-turner grâce à des chapitres équilibrés qui réussissent à maintenir le suspense Les Secrets fut une très belle découverte, dans la veine de Fidèle au poste, et j’ai dévoré presque sans m’en rendre compte ses quatre cents pages.

Citation :
« Parfois, les frontières entre sa vie réelle, sa vie imaginaire, et même sa vie rêvée semblent floues, comme spongieuses. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qu’elle a imaginé ? Il arrive que Mathilde ne soit plus vraiment capable de le dire. » (p. 328)

Mai 2018 – Le bilan

En ce mois de mai, j’ai tout d’abord ouvert ce blog, sur lequel je vous ai présenté trois livres : une bande dessinée que j’ai adorée, un roman historique qui ne m’a pas vraiment séduite et un premier tome de saga très prometteur.

Sinon, ma PAL a augmenté de volume de façon relativement conséquente (sachant que Les Secrets sont un cadeau de mon namoureux et Une proie si facile un de mes parents.). Je vous laisse en juger par vous-même. Ont rejoint ma pile à lire…

J’espère que votre mois de mai fut riche en découvertes livresques. Je vous souhaite plein de belles lectures pour ce mois de juin !

Les Outrepasseurs, tome 1 : « Les Héritiers », Cindy Van Wilder

Titre : Les Outrepasseurs, tome 1 : « Les Héritiers »
Auteure : Cindy Van Wilder
Genre : jeunesse, fantasy
Éditeur : Gulf stream
Publication : février 2014
Nombre de pages : 352
Note : 3,5/5

 

 

Quatrième de couverture :
Peter, un adolescent sans histoires, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète, les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie…

Mon avis :
Alors qu’il rentre chez lui, Peter est pris dans un flot d’événements absolument inattendus : son ancienne nurse tente de l’assassiner avec l’aide de créatures dignes d’un film d’horreur, sa mère le sauve en se transformant en renard, et « Monseigneur » frappe à leur porte. Il les invite dans sa demeure où, en compagnie d’autres adolescents, Peter va découvrir qui sont les Outrepasseurs et pourquoi une malédiction datant du Moyen Âge a été lancée sur leur descendance.
Dans ce roman, Cindy Van Wilder met en place toute une mythologie. L’intrigue se passe pour les trois quarts au XIIIe siècle et, en compagnie de Peter, nous allons remonter le temps et apprendre ce qui s’est alors déroulé. De nombreux renvois aux contes de notre enfance sont opérés par l’auteure, et ce tome introductif nous permet de nous immerger dans l’histoire des Outrepasseurs. Nous ne savons donc finalement que peu de choses sur Peter, et encore moins sur ses contemporains, mais c’est sans doute pour mieux les découvrir dans le deuxième opus.
J’ai eu le sentiment de plonger dans le Moyen Âge, et cela m’a beaucoup plus. L’univers est si bien recréé, avec des références historiques, que l’on a l’impression d’y être, au milieu des humains et des fées (ne pensez pas ici à la Fée Clochette, nous sommes bien loin des héroïnes de Disney !). De plus, les personnages ne manquent pas de profondeur, et même s’ils sont relativement nombreux, tous ont leur raison d’être. Je me suis tout particulièrement attachée à Arnaut et sa mère, qui sont les protagonistes m’ayant le plus touchée.
J’ai également beaucoup apprécié l’écriture de Cindy Van Wilder, qui m’a embarquée sans mal dans ce monde né de sa plume. J’ai parfois ressenti certaines longueurs, mais je pense qu’elles sont nécessaires à la bonne compréhension de l’ensemble. Je ne vais donc pas tarder à lire « La Reine des Neiges ».

Citation :
« Chaque phrase qui s’échappait de la bouche de “Monseigneur” le mettait davantage à nu. C’était insupportable. Cet être répugnant lui jetait à la face chacun de ses rêves, chacun de ses secrets. » (p. 39)

Today we live, Emmanuelle Pirotte

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Titre : Today we live
Auteure : Emmanuelle Pirotte
Genre : roman historique
Éditeur : Le Livre de poche
Publication : octobre 2017
Nombre de pages : 224
Note : 2/5

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Quatrième de couverture :

Décembre 1944. C’est la contre-offensive allemande dans les Ardennes belges. Pris de panique, un curé confie Renée, une petite fille juive de sept ans, à deux soldats américains. Ce sont en réalité des SS infiltrés, chargés de désorganiser les troupes alliées. Ils décident d’exécuter la fillette. Mais au moment de tirer, Mathias, troublé par le regard de l’enfant, tue l’autre soldat. Commence dès lors une cavale, où ils verront le pire, et parfois le meilleur, d’une humanité soumise à l’instinct de survie.

Mon avis :
Today we live, c’est l’histoire d’une petite fille, Renée, qui rencontre un soldat allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Et sans savoir pourquoi, il ne l’abat pas et décide de la sauver.
Je ressors quelque peu déçue de cette lecture. En effet, la couverture nous promettait une « fiction d’une beauté envoûtante », et l’ouvrage a notamment reçu le prix Historia du meilleur roman. Pour autant, je n’ai pas trouvé ce livre exceptionnel. Déjà, je n’ai pas vraiment ressenti d’empathie pour les personnages. Ce qui leur arrivait glissait sur moi, et je tournais les pages sans réel intérêt. De plus, le rythme m’a semblé relativement lent, ce qui s’explique sans doute par le cruel manque de dialogues, car nous sommes presque uniquement en présence de narration. Autre point négatif à mon sens : l’histoire se déroulant en Belgique, il y a quelques phrases en wallon… mais celles-ci ne sont pas traduites. Cela avait peut-être pour but de dépayser le lecteur, mais pour ma part, cela m’a plutôt dérangée.
Il y a néanmoins des éléments positifs dans Today we live, comme certaines réflexions sur le régime nazi, la façon dont Mathias, soldat allemand, va tenter de se faire passer pour un militaire américain, ou encore la manière dont Renée et lui vont se cacher et vivre avec des gens qui leur étaient jusqu’alors inconnus dans des conditions très précaires. L’auteure s’intéresse également aux rapports entre les personnages qui évoluent dans une sorte de huis clos. Enfin, la propension de Renée, petite fille qui n’a même pas dix ans, à supporter tous les événements et la vie loin de sa famille, ne peut que forcer le respect.

Citation :
« Il ne dormit guère, et, à l’aube, reprit sa marche sans but. Car il ne savait absolument pas où aller, ni que faire. Pour la première fois de sa vie, il était complètement perdu, littéralement déboussolé. Toute sa merveilleuse mécanique s’était enrayée. Il sentait bien qu’il n » était plus tout à fait le même depuis qu’il avait rencontré l’enfant. Renée. Quel nom prédestiné. » (p. 55)